13.10.2011
Retrouvailles
Avec tout mon zoo,
Je retrouve aussi
Un petit zozio particulier.
J’en ai parlé là, et là,
À l’époque.

Il redoublait son CP dans ma classe.
On me l’a présenté comme un cas désespéré.
Qu’il n’apprendrait jamais à lire,
Qu’on avait juste besoin qu’il ait une année de retard
Pour pouvoir l’orienter
Dans une classe spécialisée.
J’ai réussi à briser sa carapace,
À le faire rire,
À le faire parler,
À ce qu’il me fasse confiance.
Et il a appris à lire,
Presque bien.
Il a appris à écrire,
Magnifiquement.
Presque à compter.
J’espère, un peu grâce à moi.
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Mais ça n’a pas suffi.
Les tests ont parlé.
QI tout petit.
Alors il a intégré cette classe spécialisée,
Pour continuer à progresser,
À son rythme.
Depuis, chaque fois que mon regard croisait le sien,
Il esquissait ce petit sourire,
Gêné de rougir,
Et je lui demandais un sourire avec les dents dehors.

Ça me faisait plaisir de le voir passer du petit zozio
Au grand costaud.
Plaisir aussi de voir que mon regard désapprobateur
Suffisait encore à lui faire reprendre ses esprits
Quand il se lançait tête la première dans une bagarre.
Plaisir de voir que mon haussement de sourcil légendaire
Suffisait à l’arrêter au milieu d’une bordée d’injures.
Aujourd’hui, je le retrouve.
Mon zozio.
Il est toujours dans sa classe spécialisé,
Et en intègrera une autre, au collège, l’an prochain,
À moins qu’on lui trouve une place dans cet institut spécialisé.
En attendant, il est inclus dans ma classe,
Quelque chose comme 4 heures par semaine
Pour le sport, l’histoire des arts et l’art plastique.

Et ça me fait tellement plaisir…
09:55 Publié dans Maîtresse ² | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : handicap mental, classe spécialisée, intégration des handicapés, handicap à l'école, test de qi, faible qi, sourire avec les dents, confiance, réussite, fierté, vol de livre, apprendre à lire
10.10.2011
Mon zoo
Cette année,
Je les retrouve.

Eux et moi, on était tellement désemparés,
Lors de cette première rentrée de CP.
Perdus
Pareil.
Mais moi, j’avais pas ma maman pour me tenir la main…
On a grandi ensemble.
On a appris.
Eux et moi.
Ils ont appris à lire,
À écrire leurs premières lettres majuscules,
À poser leurs premières additions.

Et moi j’ai appris tellement.
Sur mon métier,
Sur les élèves,
Sur ces enfants,
Sur le handicap,
Sur les crottes de nez et les zizis qui grattent…
(c'est la fête du lien, mais t'es pas forcé de cliquer,
c'est pour les nouveaux,
là bas,
au fond de la classe)

Je les ai gardés deux ans.
Presque une éternité scolaire.
Et maintenant, je les retrouve.
Je vais les emmener jusqu’en 6ème.
Par la peau des fesses, s’il le faut !
Ceux à qui j’ai appris à lire "mo.......toooo"
Je les ferai transpirer sur les fractions décimales
Et les propositions subordonnées relatives.
Ceux à qui je montrais comment faire leurs lacets
Portent déjà des soutiens-gorges...

La boucle sera bouclée.
Leur avenir sera entre leurs mains.
Mais j’y aurai peut-être un peu participé…
09:51 Publié dans Maîtresse ² | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gardienne de zoo, maîtresse, école, élèves, retrouvailles, collège
05.10.2011
Cheveux
J’ai commencé à ma maquiller
À peu près à l’époque
Où j’ai eu assez d’argent de poche
Pour me payer ma collection de maillots de rugby.

J’avais 15 ans,
Et dans mon esprit, ce trait de khool quotidien
Féminisait mes tenues de rebelle :
Au pays du PSG,
Porter les springboks et être une fille,
C’était hyper transgressif.
En vrai, je ressemblais juste à une camionneuse
Croisée avec une nageuse est-allemande.
Mais on a tous eu 15 ans,
Porté des jeans neige, des lunettes calamiteuses,
Et caché nos appareils dentaires sous des coupes de cheveux improbables…
Non ?
Alors tu étais un jeune cool, lecteur,
Ça se payera dans une prochaine vie…
Un paquet d’années plus tard,
La lose du corps moisi,
Entre autres symptômes sympathiques,
Me faisait trembler comme une feuille.
Ma manière de me battre contre ça,
D’exorciser,
De maîtriser ce corps qui se dérobe,
Et de lui montrer qui est le chef,
C’était de me maquiller.
Chaque matin.
Même le dimanche.
Même quand je ne sortais pas de chez moi.
Pas pour les autres,
Pour moi.
Et tant pis pour ceux qui pensent que c’est de la coquetterie,
De la frivolité,
Ou mon masque social.

Parce que tant que j’arrivais à faire ce trait de liner,
Tout irait bien.
Si j’arrivais à contrôler assez mon corps
Pour ce travail de précision,
J’avais encore un peu la maîtrise des choses.
Avec le temps, c’est devenu plus facile.
Trop facile.
Ce trait de liner, je peux le faire les yeux fermés,
Encore endormie, et en me brossant les dents.

La lose du corps pourri a évolué elle aussi.
Je ne peux toujours que difficilement lever le bras gauche,
Et pour le moment, je ne peux rien serrer dans ma main droite.
Alors mon défi quotidien a changé aussi.
Je me lance maintenant dans l’élaboration de chignons
Aussi tarabiscotés que fleuris.
Et tant pis si j’ai l’air d’aller à un mariage,
Si c’est un peu trop,
Si mes élèves me disent que je ressemble à Cendrillon,
Si ça me met en retard,
Si j’ai l’air d’avoir 76 ans
Et l’air de sortir de chez un coiffeur farceur
Avec les cheveux violets permanentés.

J’ai besoin d’arriver à le faire,
Et je trouve ça joli !
09:41 Publié dans Lose du corps pourri, Nama, fille lumière | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hairstyle, makeup, rugby, années lycées, féminité, chignon rétro, 50's hairstyle, eyeliner
03.10.2011
Cheburashka
Le lecteur fidèle qui traîne ses guêtres ici
Depuis bientôt 4 ans,
Saura que je suis une sang-mêlée,
Que mes racines sont du côté de la Russie,
Pour faire vite.

Et comme je ne suis pas née de la dernière tempête de neige en Sibérie,
Le décalage n’est pas que géographique,
Il est aussi temporel.
C’est en Soviétiquie que j’ai passé une partie de mon enfance.
De l’autre côté du Mur,
Du côté du goulag et de la dictature.
Oui, je sais, ça fait de moi un dinosaure de l’histoire,
Mais j’vous jure, c’était y’a pas si longtemps…
Et donc, en parallèle au club Dorothée,
À Dragon Ball, Olive et Tom, ou Jeanne et Serge,
J’ai été élevée aux merveilles de l’animation soviétique.
Sans faire de chauvinisme, y’a deux-trois films qui valent le détour…
Et là, je découvre que le 5 octobre,
La Japonie produit et sort en salle un long métrage
Appelé Cheburashka et ses amis.
Bon, d’abord, que les choses soient claires, il s’appelle Tchiébourashka!
Et c’est mon dessin animé préféré depuis que j’ai 3 ans.
Alors faut pas déconner.
La VF m’horripile,
Parce que ce qui fait tout le charme du choupi petit personnage,
C’est justement sa pitite voix toute mignonne.
Alors je te colle cet extrait qui présente tous les personnages de la série.
La petite fille blonde aux yeux bleux,
On me disait toujours que c’était moi.
(J’ai bien changé depuis, rassure-toi)
Et tu remarqueras que son premier réflexe,
En arrivant chez un mec inconnu,
C’est de faire le ménage -_-
Enfin, la gamine, la petite vieille indigne, le crocodile et la bestiole inconnue
Deviennent amis,
Et font les 400 coups.

Vous pouvez aussi jeter un œil sur cette vidéo,
Qu’est ma chanson d’anniversaire préférée du monde entier,
Que mon grand-père me chantait,
Quand le téléphone de soviétiquie voulait bien marcher.
Elle est un peu tristoune,
Mais après tout, je crois que c’est ça,
L’âme slave :
Il n’y a pas de joie sans tristesse,
Pas de grand malheur sans petites félicités…

Alors je ne sais pas si ce film de russe
Fait par des japonais
Et diffusé en français
Vaut le coup,
Mais moi, il m’a replongé dans de chouettes souvenirs,
Que j’aurai, j’espère,
Réussi à vous faire un peu partager…











































